Epargne verte : le PEAC rejoindra bientôt le cimetière des idées stupides de Bercy

Écrit par Olivier Bertaux
Epargne verte : le PEAC rejoindra bientôt le cimetière des idées stupides de Bercy Shutterstock

Alors qu’il était encore ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire a lancé en grande pompe en fin d’année dernière le PEAC, plan d’épargne avenir climat, porté sur les fonts baptismaux par la loi « Industrie verte ».

Il n’est pas besoin de grandes explications pour comprendre la philosophie de ce produit environnementalement correct et voué prochainement à rejoindre le cimetière des idées stupides de Bercy.

Si nous ignorons dans quel cerveau tourmenté naquit ce projet de niche fiscale, toujours est-il que le ministre de l’Economie d’alors en assuma la paternité. Il osa. C’est d’ailleurs à cela qu’on le reconnaît.

Car il en fallait pour croire qu’un produit d’épargne réservé aux jeunes de la naissance à 30 ans, obligatoirement placé en supports financiers portant le label « Investissement socialement responsable » ou « France finance verte » avait une chance de trouver sa clientèle.

En effet, au vu des supports proposés, le jeune ou ses parents seront sans doute fiers d’investir pour la planète mais ils comprennent aussi très vite que l’investissement n’est jamais garanti.

Dès lors, quels parents prendront le risque de placer l’argent de leur progéniture dans un PEAC et quels jeunes à peine entrés dans la vie active et soucieux de trouver un conjoint ou un logement s’aventureront à risquer leur peu d’épargne chèrement acquise dans un PEAC incertain ?

La bonne conscience écologique a ses limites.

Et d’ailleurs, cela tombe bien parce que si la demande n’est pas au rendez-vous, l’offre non plus. car pour cela, il aurait fallu trouver des banquiers ou des assureurs qui acceptent de construire un produit corseté en termes de choix d’investissement, limité dans la durée puisque clôturé au plus tard à 30 ans, plafonné en montant à 22 950 euros et enfin noyé sous les règles de gestion technocratique afin de vaincre la quadrature du cercle : offrir aux jeunes une solution d’épargne verte de courte durée sans trop de risque mais en même sans aucune garantie.

Or, à ce jour, Bercy n’a trouvé… qu’un volontaire, tous les autres banquiers et assureurs de la place, qui n’ont d’ailleurs sans doute pas été consultés, s’étant inscrits aux abonnés absents.

PEAC : le fruit des amours d’un technocrate utopique et d’un ministre crédule 

Bref, le fruit des amours d’un technocrate utopique et d’un ministre crédule est aujourd’hui mort-né.

Comment pouvait-il en être autrement, alors que le seul avantage de ce produit est d’offrir à des jeunes souvent non imposables une exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, qui plus est sur une plus-value incertaine ?

Comment tout un ministère, un gouvernement et même un Parlement qui a tout de même voté la loi, ont-ils pu croire qu’un PEAC au nom improbable, au rendement incertain, au risque garanti et au fonctionnement alambiqué allait rivaliser avec un livret A au nom rassurant, au rendement certain, au risque nul et au fonctionnement simple ?

D’autant que le livret A offre lui aussi à tous les enfants une exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements fiscaux pour un même montant de 22 950 euros. Et en plus, il finance le logement. C’est-à-dire du solide.

Il est décidément difficile de comprendre ce qui se passe dans la tête de nos hommes politiques.

En même temps que tous font la chasse aux niches fiscales, ils en créent d’autres qui en plus ne servent à rien.

Certes, elle ne coûtera pas très cher au budget de l’Etat dans les années à venir mais combien ce projet d’utopie verte a-t-il déjà coûté en frais de réflexion de fonctionnaires, de réunions d’experts, de simulations d’informaticiens, d’encre d’imprimerie (plus de 30 pages d’arrêtés et décrets au Journal officiel…) ou tout simplement en temps perdu.

Et comme a dit Benjamin Franklin, "le temps c’est de l’argent". Alors, ne le gaspillons pas.

Source : Plan d’épargne avenir climat, article 34 de la loi « Industrie verte » du 23 octobre 2023

Publié le mercredi, 04 décembre 2024

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